Depuis longtemps je me demandais: mais pourquoi ne voit-on aucune étude sur l'influence des rythmes sur les apprentissages. Il me semblait qu'en prenant des résultats d'évaluations nationales sur des écoles à 4 jours et des écoles à 4 jours et demi on saurait si la réforme actuelle peut faire progresser les élèves.


Dans ma naïveté, je pensais que les résultats devaient être identiques, autrement dit que les rythmes n'avaient pas d'influence sur la réussite des élèves.

En tous cas, s'ils  avaient été meilleurs en 4 jours et demi, le ministère nous en aurait abreuvé depuis bien longtemps.

En fouillant internet, j'ai trouvé une étude de mai 2002 menée par des inspecteurs généraux pour évaluer la semaine de 4 jours et ses effets.

http://media.education.gouv.fr/file/05/3/6053.pdf

Elle émane donc du ministère lui-même.

Voici ce qui y est écrit:

Il s’agit d’une étude menée par le Direction de la programmation et du développement (DPD), à partir de deux échantillons nationaux des évaluations CE2  – 6e  de septembre 1993, l’un composé d’élèves scolarisés en semaine de 4 jours  (durant au moins une année), l’autre composé d’élèves scolarisés 5 jours par semaine (Les dossiers d’Éducation et Formations n° 37, mars 1994).
Les données ont été soumises à trois types d’analyse.
A Analyse des données brutes
Au CE2, les différences de performances sont supérieures de 3 points sur 100, en  français et en mathématiques, en faveur des élèves scolarisés 4 jours par semaine. En 6e, on observe une différence de plus de 5 points sur 100, dans les deux disciplines, en faveur des élèves scolarisés 4 jours par semaine.


La comparaison a été affinée par l’étude de différentes sous-populations : âge des  élèves, catégories socioprofessionnelles des parents, écoles rurales/urbaines. Les  différences constatées varient en fonction de ces critères, mais restent globalement  en faveur des élèves scolarisés 4 jours par semaine.


B Analyse dite « toutes choses égales par ailleurs »
Cette étude permet la prise en compte simultanée des caractéristiques individuelles  des élèves dans un modèle d’analyse de la variance, afin d’isoler la part explicative  de chacune de ces caractéristiques. On peut alors les « neutraliser », afin de faire  une comparaison des deux échantillons, toutes choses étant égales par rapport à  ces caractéristiques individuelles

Selon cette analyse, les différences s’amenuisent : un peu moins de 2 points sur 100 au CE2, en faveur des élèves scolarisés 4 jours  par semaine ; 3 points de différence en 6e, en faveur des élèves scolarisés 4 jours par semaine.

C Analyse des résultats des mêmes élèves au CE2 et en 6e

Pour les élèves de 6e , on a construit un modèle plus complet, en incluant dans les  variables explicatives le score obtenu par les élèves à l’entrée en CE2. Ce modèle  permet de raisonner en termes de croissance des acquis des élèves de 6e
 sur trois  années scolaires.
Cette analyse montre un léger effet positif de la semaine de 4 jours, mais trop faible  pour être statistiquement significatif."

Au final, toutes les analyses vont dans le sens d'une plus grande efficacité de la semaine de 4 jours, même si la différence est parfois ténue!!!


Si quelqu'un a l'adresse de Vincent Peillon, qu'il n'hésite pas à lui envoyer cette étude, je crains qu'il n'en ait pas eu connaissance. Lui, le Ministre des enfants, ne saurait porter une réforme qui aille à l'encontre de leur intérêt!!!